Les « proportions divines » de Bora Bora

Le phénomène n’est pas mystique, mais mathématique : le nombre d’or se retrouve dans les dimensions de l’île de Bora Bora. Une harmonie vérifiée et louée par l’explorateur Paul-Emile Victor.

A l’instar des plus belles femmes du monde, la Perle du Pacifique suscite les plus grandes polémiques, entre des détracteurs qui dénoncent – « Tout pour elle ! Trop de monde ! Pas si belle ! » -, et des fanatiques qui ne savent dire pourquoi cette montagne dressée dans son lagon bleu pluriel les émerveille. L’aventurier et ethnologue, Paul-Emile Victor (1907-1995) qui vécut pendant 18 ans à Bora Bora, avait non seulement trouvé les mots pour transmettre sa fascination mais aussi les arguments scientifiques.

« Nulle part ailleurs! », s’est-il exclamé en arrivant sur l’île en 1977. A 70 ans, le charismatique explorateur décide en effet de s’y installer avec sa famille, pour écrire ses mémoires. Il choisit de s’établir sur le motu Tane, ou « îlot de l’homme », un petit paradis où il reçoit de nombreuses personnalités jusqu’à sa mort, en 1995. C’est sur ce bout de terre qu’il admire chaque jour Bora Bora : elle est « (…) la plus belle île du monde par l’équilibre des volumes, des surfaces. ». Le mont Otemanu et son lagon vont jusqu’à stimuler ses réflexes de chercheur qui veut s’assurer de sa perception. Il y parvient : « A Bora Bora, je me suis amusé à comparer la hauteur de la montagne à la surface du lagon, et j’ai retrouvé le nombre d’or. Cela donne une extraordinaire impression d’harmonie ».

Le nombre d’or relève de cette « recette » d’architecte, dit-il encore, qui s’applique à tous les grands tableaux ou croquis comme le célèbre « Homme de Vitruve » de Léonard de Vinci, à la pyramide d’Egypte, au plan d’eau du château de Versailles…Calculé ou lié au hasard : il n’est ni une mesure, ni une dimension mais un rapport arithmétique entre deux grandeurs de même nature. On parle de proportions divines. Bora Bora attire parce que, notamment, elle possède cette clé universelle de l’harmonie révélée par Paul-Emile Victor.

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 Paul-Emile Victor a écrit une quarantaine d’ouvrages sur ses expéditions et ses recherches. Parmi ses livres, « Du Groenland à Tahiti » (aux éditions Fernand Nathan -1er janvier 1977)

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